À demain / Jour 30 - Orphée 11/12


Chanson en équilibre. Celle qui résonne quand Eliott déambule dans le musée et aperçoit ce couple sans âge, absorbé dans la contemplation commune d’une toile, et qui semble s’aimer depuis toujours. Chanson utopique, en équilibre, sur le fil de l’éternité. Chanson peut-être un peu hors sujet par rapport à notre époque industrielle, car plutôt que de nous inviter à tout consommer et à prendre urgence sans vraiment prendre soin, elle invoque, la longueur, le roman de mille pages, le temps qui s’étire, comme pour se souffler au coeur que des cheveux qui blanchissent ensemble sont comme d’ Inséparables oiseaux d’éternité.

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ORPHÉE ©Nicolas Fraissinet

Je veux grandir avec toi, regarder ensemble, vers le même paysage. S’assoir juste là. Grandir avec toi, regarder ensemble vers les prochains rivages où tout finira pour nous.

Vieillir dans tes bras, laisser courir le monde pour un seul de nos pas. Vieillir dans nos bras, laisser fuir les secondes à chaque heure qui s’en va. Ne les compte pas pour nous.

Malgré les vendeurs de vitesse qui nous font croire à nos faiblesses, je veux que le temps passe. Je veux aimer ça. À tous ces vendeurs de passage qui nous font bouffer des mirages, je dis qu’une vie ne suffit pas pour toute cette joie.

Viens, suis-moi, ne te retourne pas. Nous resterons ensemble ici-bas. Ecoute-moi, le rapide attendra. Oublie un peu ce qu’on dit de ça. Viens suis-moi, ne te retourne pas. Les ombres se rassemblent au-delà. Ecoute-moi. Je reste contre toi, même si le monde tremble.

À tous ces vendeurs d’aventures qui à nos promesses font la vie dure, je réponds la longue histoire entre toi et moi. À tous ces vendeurs de jeunesse qui nous font croire que le temps presse, je réponds d’un seul regard que je pose sur toi. Qui pourrait m’offrir mieux que ça ? Mieux que toi ?

Blanchir avec toi. Laisser derrière nous les urgences des miroirs. Qui aurait pu y croire ? Faner avec toi. Aimer les silences que l’on ne remplit pas. Je n’ai plus peur de ça. M’endormir avec toi, comme ces oiseaux de légende que l’on ne sépare pas.

Finir avec toi.


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