Francis Bacon - Qu'on le veuille ou non


« Hein ? Tu vas voir l’expo de Francis Bacon ?? Ah non, moi je pourrais pas.

J’aime pas du tout. C’est

1) Horrible

2) Vulgaire

3) Obscène

4) Malsain"


Voilà une petite compilation de quelques commentaires qui me sont venus de différentes personnes au sujet de ce peintre.

Alors moi - forcément - après avoir entendu tous ces adjectifs… Qu’est-ce que j’ai fait ?

J’ai couru à Beaubourg et poussé les portes du Centre G. Pompidou pour plonger dans cette peinture dont je ne connaissais que le nom. Armé de mon appareil photo et de mes cheveux bleus version 2020, je suis tombé sous le choc.



Percuté en pleine rétine. Couleurs inattendues, vives, pleines et fortes. Corps fondus, fondants, bombés, ondulatoires, mélangés, entrelacés, courbés, pliés, par désir ou de force, dégoulinants au sol, déformés, recomposés. Le regard du Maître est omniprésent, despotique, parfois violent. Ne pas imiter le réel mais le pousser vers sa forme la plus crue. Corps fluides et fluides de corps. Il ne nous offre pas l’admiration confortable, mais la confrontation violente et magique avec ce que nous sommes tous, …


-qu’on le veuille ou non-… : êtres de chair et de sang, de soif et de fureur, affamés de sel et de souffre. Chacun peut dire « j’aime » ou « j’aime pas », mais ignorer la présence du génie dans ces virtuoses mises en forme du corps, lorsqu’il diffuse et infuse, me semble impossible.







Au bout de 3 heures, je sors du musée gorgé d’une admiration qui frise l’écoeurement et repense aux adjectifs qu’on m’avait énumérés pour me dissuader d’aller voir cette expo :


1) Horrible… Quoi ?? « Horrible », pour moi ça serait plutôt le fanatisme, là oui…

2) Vulgaire ?… La politique, en effet.

3) Obscène… La religion, lorsqu’elle se fait Loi et élude le fond pour la forme.

4) Malsain… L’homme à l’égard de l’animal…pas toujours, mais trop souvent.


Mais la puissance de Bacon ne mérite AUCUN de ces mots.

( aucun aucun aucun ! )


Son art choque, ébranle, éveille. Et notre époque en a peut-être tellement besoin. Alors, n’en déplaise aux belles pensées « propres-en-ordre »...


-qu’on le veuille ou non-… je crois que Bacon réveille et sauve en nous ce que l’on oublie parfois : quelques recoins profonds de la nature ardente de l’Humain.

Mais le Maître veille, et nous rappelle à l’ordre de ce que nous sommes.


…-qu’on le veuille ou non-…

😉😉



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